FR – Une piscine au coeur de la polémique

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07 Jul FR – Une piscine au coeur de la polémique

Le 19 mai 2014, l’hôtellerie parisienne a connu un événement important avec l’inauguration de l’hôtel Molitor Paris by MGallery (une des marques ‘haut de gamme’ du groupe Accor).

A première vue, cette ouverture avait plusieurs raisons de faire la une des journaux :

– réouverture après près de 25 années sans utilisation de cet espace connu pour son architecture Art Déco

– 1ère ouverture médiatisée à grande échelle de Sébastien Bazin, en tant que nouveau CEO du groupe

– création d’une structure employant plus de 220 personnes (dans un contexte où les chiffres du chômage ne font qu’augmenter…)

Malgré ces différents points facilement exploitables dans la presse, ce qui a vite fait le buzz autour de cette ouverture est tout autre : le prix d’accès à la piscine !

En effet, contrairement à ses premières années d’exploitation, Molitor n’est plus aujourd’hui une piscine municipale, gérée par la mairie de Paris, mais bien un lieu privé avec ses fameux tickets d’entrée élevés :

– 180 € la journée ou 1200 € de droit d’entrée + 3300 de cotisation annuelle.

ou

– 300 euros en moyenne, la nuit d’hôtel.

De nombreuses personnes se sont rapidement offusquées de ce ‘droit d’accès’, sans prendre le temps d’analyser la situation.

La première question est selon moi de savoir pourquoi cette piscine est restée inutilisée depuis 1989.

La réponse se trouve dans l’incapacité de la ville de Paris à continuer de supporter des investissements lourds de modernisation, réhabilitation…pour des activités non rentables.

La deuxième question est de comprendre l’intérêt de la ville de Paris pour un projet proposé par le triptyque Colony Capital / Accor / Bouygues ?

Dès le départ, l’idée de ce groupement fut de proposer une modernisation des bâtiments, une restructuration autour des deux bassins, et la création d’un complexe hôtelier haut de gamme. On peut facilement imaginer que la ville de Paris a vu dans cette proposition, le moyen de conserver une partie du bâtiment historique (classé sous l’ère Jack Lang en 1990), et l’opportunité de voir un endroit fermé, devenu exploité par des squatteurs, rouvrir dans son plus bel éclat.

La dernière question est de savoir pourquoi la stratégie choisie par les nouveaux exploitants réside dans le luxe (et donc l’élitisme) ?

Initialement prévu à hauteur de 80 millions d’euros, les fonds investis dans ce projet ont été importants pour le groupement. Rapporté au nombre de chambre, chaque unité a coûté plus de 645 000 euros !

Et ici, il ne faut pas oublier qu’à la différence de la ville de Paris qui pouvait à l’époque bénéficier de subventions… les nouveaux exploitants ont utilisé leurs propres fonds pour faire sortir de terre ce projet.

Il y a donc ici une simple mais réelle obligation économique qui consiste à retrouver un retour sur investissement sur ce projet.

Le choix de la ville de Paris est peut être donc critiquable, celle du groupement le semble moins.

Et finalement, préférons-nous savoir derrière ces murs une piscine taguée, non exploitée, condamnée à être détruite, ou une structure préservée… quitte à ne pas pouvoir y accéder (du moins à la piscine, car le café vous y sera toujours servi avec le sourire) pour des raisons financières ?.

 

Par Florian Savoyen, Business Development Manager.

 

 

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